Franchement, je comprends l’engouement. La déco inspirée du Maroc, c’est pas un simple effet de mode Pinterest – c’est quelque chose qui touche à quelque chose de plus profond. Quelque chose de chaud, de vivant, de presque sensoriel. Vous avez déjà poussé la porte d’un riad à Marrakech ou à Fès et senti cette espèce de… paix instantanée ? Ce mélange de fraîcheur, de couleurs saturées, de lumière filtrée à travers des moucharabiehs ? C’est exactement cette ambiance qu’on cherche à recréer chez soi.
Et c’est faisable. Vraiment.
Commencer par les bases : les matériaux qui font tout
L’artisanat marocain, c’est avant tout une affaire de matières. Le zellige, la terre cuite, le cuivre martelé, le bois de cèdre sculpté – ces matériaux ont une présence physique que les imitations bon marché n’ont pas. Quand vous posez un zellige véritable sur un mur ou un plan de travail, vous sentez l’irrégularité sous les doigts. Chaque carreau est légèrement différent. C’est ce qui lui donne cette vibration visuelle unique, cette profondeur.
Le zellige traditionnel, par exemple, vient essentiellement de Fès – la ville est reconnue depuis des siècles pour ses maîtres zelliges. Si vous vous intéressez à l’immobilier ou à la culture de cette région, le site immobilier-maroc-fes.com peut d’ailleurs vous donner un contexte utile sur cet univers.
Pour intégrer ces matériaux chez vous sans tomber dans le folklore de pacotille, voilà ce qui marche vraiment :
Le zellige : une crédence de cuisine en zellige bleu nuit ou vert bouteille, c’est une décision radicale, mais elle change une pièce entière. Même 60 cm de hauteur suffit. Pas besoin de recouvrir tout le mur.
Les objets en cuivre : un plateau de thé, une lampe suspendue, des bougies dans des photophores martelés – ça ajoute de la chaleur sans encombrer. Attention aux imitations dorées brillantes de supermarché, elles font l’effet inverse.
La terre cuite : des carreaux de sol non émaillés dans une entrée ou une salle de bain, avec des joints teintés sable, ça installe immédiatement une atmosphère.
Les couleurs : l’équilibre entre intensité et cohérence
On pense souvent que la déco marocaine, c’est forcément des couleurs explosées partout. C’est une idée reçue. Les intérieurs marocains traditionnels jouent souvent sur des fonds neutres – blanc chaulé, ocre pale, gris pierre – sur lesquels les couleurs vives viennent en accent.
Je trouve que c’est exactement comme ça qu’il faut aborder la chose.
Un mur en blanc cassé, avec des coussins en velours profond bordeaux, quelques objets en cuivre et un tapis berbère géométrique : vous avez déjà 80% de l’ambiance. Vous n’avez pas besoin de tout repeindre en terracotta ou en bleu majorelle pour que ça fonctionne.
Les couleurs phares à travailler :
Le bleu majorelle – intense, presque électrique. À utiliser avec parcimonie (une porte, un meuble, un objet).
Le terracotta – il est partout depuis quelques années, mais pour la bonne raison : il s’associe à tout, chauffe les espaces froids, et vieillit bien.
Le vert olive foncé – très présent dans les palettes marocaines contemporaines, élégant et pas évident à rater.
L’ocre et le safran – pour les textiles, les coussins, les rideaux légers.
Les tapis berbères : l’investissement qui vaut vraiment le coup
Vous voulez un seul objet qui transforme un salon entier ? Un vrai tapis berbère. Pas un imprimé industriel, un vrai – tissé à la main, avec ses imperfections, ses motifs géométriques asymétriques, ses variations de blanc et de beige.
Les tapis Beni Ourain sont les plus connus, et franchement ils méritent leur réputation. Épaisseur, douceur, présence – ils fonctionnent dans presque tous les styles d’intérieur, même les plus contemporains. Un Beni Ourain sur un parquet en chêne clair, sous une table basse en bois foncé, c’est une combinaison difficile à rater.
Comptez entre 200 et 600 euros pour un exemplaire authentique de taille moyenne (environ 2m x 3m). C’est plus que les versions grand surface, mais c’est une pièce qui dure des décennies.
La lumière : l’élément qu’on sous-estime trop
Dans un riad, la lumière entre par le haut, filtrée, indirecte. Elle crée des jeux d’ombres sur les mosaïques, elle nimbe les espaces d’une douceur particulière. Chez nous, on peut s’en approcher.
Les lampes en métal ajouré – cuivre, laiton, fer forgé peint – projettent des motifs sur les murs quand elles sont allumées. L’effet est immédiat et assez bluffant, même dans un appartement très ordinaire. Associez-les à des ampoules à lumière chaude (2700K maximum), jamais froide.
Évitez les lustres style « lanterne marocaine » en plastique doré, vendus sur certains sites. Ça m’a surpris la première fois d’en voir en vrai – le rendu est catastrophique dès qu’on allume la lumière.
Les textiles : superposer sans surcharger
La richesse des intérieurs marocains vient beaucoup de la superposition des textiles. Des coussins kilim sur un canapé sobre, un jeté en laine sur un fauteuil, un rideau en lin naturel – chaque couche ajoute sans alourdir si on reste cohérent dans la palette.
Quelques règles simples qui marchent bien :
Pas plus de trois couleurs dominantes dans une pièce, et un ou deux accents forts.
Mixez les textures : velours + laine tissée + lin, ça crée du relief sans chaos.
Un housse de coussin brodée main suffit à poser une ambiance. Une, pas six.
Les objets artisanaux : choisir juste, placer juste
Peut-être que c’est là que beaucoup de gens se perdent. On ramène des souvenirs de voyage ou on commande des objets en ligne, et finalement ça ressemble plus à un souk qu’à un intérieur cohérent.
La règle, c’est moins mais mieux. Un plateau en cuivre posé sur une console avec deux bougeoirs, c’est élégant. Le même plateau entouré de dix bibelots, c’est encombré.
Les objets qui ont vraiment leur place : une théière en argent ou cuivre (même décorative), des céramiques de Safi ou de Fès en bleu et blanc, un miroir en métal ciselé, quelques babouches posées près d’une entrée si votre déco s’y prête.
Et voilà. La déco marocaine, ça n’est pas une recette compliquée – c’est une question d’authenticité des matériaux, d’équilibre des couleurs, et d’un certain sens de la chaleur humaine dans l’espace. Vous n’avez pas besoin de tout refaire. Commencez par un tapis, une lampe, quelques coussins bien choisis. Vous verrez.
« `
Aucune réponse